J'ai fait partie du premier convoi de femmes françaises parti de Paris en juin 1942. Nous étions 70 femmes, âgées de moins de 40 ans internées aux Tourelles où le sinistre Danecker est venu nous chercher.
Arrivées à Auschwitz, comme pour les convois suivants nous avons été « débarrassées » de toutes nos possessions. Lorsque nues, nous attendions des vêtements, on nous fit attendre pour la visite de Hoess, alors commandant du camp, pour qu'il puisse jouir de la vue des premières femmes françaises arrivées sous son pouvoir. II s'intéressa particulièrement au vernis à ongles que certaines d'entre nous avaient encore sur les ongles de leurs orteils.
Les vêtements que l'on nous distribua étaient pour la plupart des uniformes de soldats russes qui avaient été exterminés avant notre arrivée. Nous fumes logées dans les bâtisses en pierre qui constituaient alors le camp d'Auschwitz. À l'intérieur, il y avait des rangées de châlits en nombre insuffisant pour nous, les nouvelles arrivées, et il fallut se battre pour avoir un petit coin où l'on puisse plus ou moins s'étendre.
Nous fumes immédiatement enrôlées pour travailler (transport de ballots de linge). Puis l'appel!
Et le lendemain en route pour le travail sur le chantier pour aplanir un terrain où il y avait eu des maisons avant la guerre.
Claudette Bloch
Matricule 7963
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