© Michel Fingerhut 1995-8 ^  

 

Dominique Vidal:
Nouvelles polémiques autour d'un livre sur la Shoah: De «Mein Kampf» à Auschwitz
in Le Monde diplomatique (août 1998) © Le Monde diplomatique 1998
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Haaretz, Tel-Aviv, 15 mai 1998. Raul Hilberg est l'auteur de La Destruction des juifs d'Europe (Fayard, Paris, 1988), Ian Kershaw de Qu'est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d'interprétation (coll. « Folio », Gallimard, Paris, 1992 et 1997), Arno Mayer de La « Solution finale » dans l'histoire (La Découverte, Paris, 1990), Christopher R. Browning de Des hommes ordinaires (10/18, Paris, 1992). Sauf indication contraire, leurs citations sont tirées de ces livres. Norman Finkelstein et Ruth Bettina Birn, A Nation on Trial : the Goldhagen Thesis and Historical Truth, Henry Holt and Company, New York, 1998. Daniel Jonah Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler : les Allemands ordinaires et l'Holocauste, Seuil, Paris, 1997. On préférera ici les termes « génocide » ou, s'agissant des juifs, « judéocide » au terme religieux « Holocauste », qui suggère une offrande sacrificielle consumée par le feu... Cité par Outlook, Santa Monica, vol. 36, no 3, 1 er avril 1998. Il est notamment l'auteur de Image and Reality of the Israel-Palestine Conflict, Verso, Londres et New York, 1995. Cité par The New York Times, New York, 10 janvier 1998. Haaretz, 5 décembre 1997. Saul Friedländer vient de publier L'Allemagne nazie et les Juifs, Seuil, Paris, 1988. Voir Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, coll. « Folio », Gallimard, Paris, 1966. Sur ce thème, lire Jean-Michel Chaumont, La Concurrence des victimes. Génocide, identité, reconnaissances, La Découverte, Paris, 1997. Voir Martin Broszat, « The Third Reich and the German People », The Challenge of the Third Reich, sous la direction de Hedley Bull, Oxford, 1989. Lire Yehuda Bauer, Juifs à vendre ? Les négociations entre nazis et juifs (1933-1945), Liana Levi, 1996. De 1933 à 1939, 52 000  juifs allemands purent ainsi gagner la Palestine avec une partie de leur capital : 140 millions de reichsmarks, soit 18 % de toutes les importations de capitaux privés en Palestine. Lire Philippe Burrin, « L'autre face du génocide » et « Le génocide des juifs en débat », Le Monde diplomatique, respectivement décembre 1995 et juin 1997. Lire aussi son livre Hitler et les juifs. Genèse d'un génocide, Seuil, Paris, 1989. Die Zeit, Hambourg, 3 octobre 1986. Paul Ricoeur, Temps et récit. III.Le Temps raconté, Seuil, Paris, 1985.
Cinquante ans après, la mémoire de la Shoah fait l'objet d'un combat et d'un débat plus vifs que jamais. Combat contre les thèses négationnistes, reprises par Roger Garaudy (lire page 9, l'article d'Edward W. Saïd). Débat entre historiens sur l'histoire et la nature du génocide. A preuve les polémiques relancées par les tentatives de l'historien américain Daniel Jonah Goldhagen, auteur du best-seller intitulé Les Bourreaux volontaires de Hitler, de faire taire ses critiques les plus virulents. Au-delà, ce qui est en cause, c'est l'interprétation même du judéocide, avec ses enjeux historiques et sa dimension universelle.

« A un certain moment, cela frôla le terrorisme culturel 1 » : c'est ainsi que le journaliste israélien Tom Segev décrit les pressions exercées, depuis le début de 1998, sur Ruth Bettina Birn et Norman Finkelstein. Leur crime ? Un livre, pourtant vivement conseillé par des historiens experts du nazisme aussi autorisés que Raul Hilberg, Ian Kershaw, Arno Mayer, Christopher R. Browning, etc. 2. Il est vrai que l'ouvrage de Bettina Birn et Norman Finkelstein, A Nation on Trial 3, exprime de fort rudes critiques à l'égard du livre fameux Les Bourreaux volontaires de Hitler, de Daniel Jonah Goldhagen 4.

En deux ans, Les Bourreaux volontaires de Hitler s'est vendu, battage aidant, à plus d'un demi-million d'exemplaires dans une quinzaine de pays. Propre à séduire le grand public, son explication simpliste du génocide - le régime nazi aurait permis à l'« antisémitisme éliminationniste » des « Allemands ordinaires » de se déchaîner - n'a guère convaincu les spécialistes. « Pas un seul historien n'a exprimé publiquement son accord, et c'est là une rare unanimité. Dans mon université, ce livre n'aurait jamais pu tenir lieu de thèse de doctorat », a notamment tranché le principal expert israélien, Yehuda Bauer, directeur de l'Institut de recherche du Mémorial Yad Vashem, à Jérusalem 5.

Mais, pour le jeune professeur de Harvard, c'est l'article-réquisitoire publié en mars 1997 par le Historical Journal de Cambridge qui a fait déborder le vase. Son auteur, Ruth Bettina Birn, est historienne en chef des crimes de guerre au ministère canadien de la justice et, à ce titre, connaît fort bien les archives, conservées à Ludwigsburg, de l'organisme chargé, dans l'ex-Allemagne de l'Ouest, des enquêtes sur les crimes nazis. C'est même elle qui avait attiré l'attention de Daniel J. Goldhagen sur les trois dossiers qui appuient sa thèse : le comportement des membres des bataillons de police lors des massacres à l'Est, des gardiens des camps de « travail » et de ceux des « marches de la mort ». Dans les trois cas, la Canadienne accuse l'historien d'avoir extrapolé à partir d'une sélection réduite de témoignages pour - scènes d'horreur à l'appui - transformer ces acteurs du génocide en stéréotypes de l'immense majorité des Allemands.

Goldhagen commence par menacer l'insolente d'un procès en diffamation. Scandalisée, Mme Birn annonce aussitôt la publication de son article révisé, aux côtés d'un solide pamphlet de Norman Finkelstein, professeur de sciences politiques, fils de survivants du judéocide et défenseur de longue date de la cause palestinienne 6. Face à ce « croisé de l'antisionisme », comme l'appelle Goldhagen, le lobby pro-israélien se mobilise. Porte-parole de l'Anti-Defamation League canadienne, M. Abraham Fox affirme : « Le problème n'est pas de savoir si la thèse de Goldhagen est juste ou non, mais si la critique est "légitime" ou si elle dépasse les bornes7. » Quant au Congrès juif canadien, il ira jusqu'à se plaindre au ministère de la justice dans l'espoir - finalement vain - d'obtenir des sanctions contre Ruth Bettina Birn...

« L'establishment juif, résume Tom Segev, a embrassé Goldhagen comme si c'était M. Holocauste en personne... Tout cela est absurde, car les critiques faites à Goldhagen sont très bien étayées. » Ce qui est en cause, poursuit le journaliste, c'est le « caractère sioniste » de sa thèse. A la limite, « non seulement les Allemands, mais tous les gentils haïssent les juifs. D'où le besoin d'une unité et d'une solidarité juives. D'où la nécessité de livres de plus en plus nombreux sur la haine des juifs, et plus ils sont simples et superficiels, mieux c'est ».

Une croisade contre le « judéo-bolchevisme »

Si Daniel Goldhagen a évidemment raison de souligner le rôle qu'ont joué les sentiments antisémites largement répandus parmi les Allemands dans la marche au génocide, il n'en a pas moins évidemment tort de réduire l'un à l'autre.

D'autant que l'analyse qu'il propose de l'antisémitisme en Allemagne paraît fort schématique. La fin du XIXe siècle et le début du XXe y marquent plutôt, pour les juifs, l'âge d'or de l'émancipation, alors que la France, qui avait donné le signal de celle-ci, est plongée dans l'affaire Dreyfus et que, en Russie, les ministres du tsar inspirent de terribles pogroms... Et que dire des pays baltes ou de l'Ukraine, où les nazis recruteront - Goldhagen les mentionne à peine - de zélés génocideurs ? Certes, l'assimilation des juifs soulève, ici aussi, une opposition nationaliste virulente, mais peu influente électoralement, contrairement au mouvement ouvrier, qui la défend. « L'élite intellectuelle allemande, note même Raul Hilberg, avait toujours montré peu de goût pour la "propagande" et pour le "désordre" ... A certains moments, le terme "antisémite" acquit une connotation péjorative.  » Même erreur de perspective s'agissant des années 30 : Goldhagen souligne qu'en 1932 plus de 37 % des électeurs votèrent pour les nazis, mais oublie de signaler que... près de 63 % s'y refusèrent. Et sait-on que, le 5 mars 1933, en pleine répression après l'incendie du Reichstag, la gauche communiste et sociale-démocrate, bien sûr opposée à l'antisémitisme, obtient encore près du tiers des suffrages ?

L'historien américain semble aussi surestimer la dimension antisémite du vote nazi. La plupart de ses pairs signalent que Hitler met de plus en plus sa haine des juifs en sourdine, l'estimant électoralement moins productive que l'anticommunisme. Bref, pour citer Saul Friedländer, « bien que l'antisémitisme traditionnel, religieux et social, ait été répandu, la haine des juifs n'a pas constitué un facteur premier capable d'expliquer l'ascension des nazis au pouvoir ou la participation d'Allemands ordinaires aux massacres de masse de la solution finale 8  ». D'ailleurs, si le pays tout entier était si impatient d'exterminer les juifs, pourquoi le génocide aurait-il été perpétré hors d'Allemagne et dans le plus grand secret ? Et par quel miracle cette culture antijuive séculaire aurait-elle soudainement disparu, comme l'affirme Goldhagen, de l'Allemagne d'après guerre ?

L'accent mis sur le seul antisémitisme comporte un second défaut majeur. Certes, Adolf Eichmann sera condamné à mort, en 1962 à Jérusalem, non pour « crime contre l'humanité », mais pour « crime contre le peuple juif » 9. Et pourtant, les Tsiganes ont perdu 250 000  des leurs (sur 700 000 ) dans un génocide du même type. Plus de 3 millions de prisonniers de guerre soviétiques ont péri affamés, fusillés et, dans certains cas, gazés. La Pologne a vu disparaître, par centaines de milliers, les membres de ses classes dirigeantes et de son intelligentsia. Sans oublier les malades mentaux : jusqu'à sa suspension, le 24 août 1941, devant les protestations d'hommes d'Eglise, le programme d'euthanasie lancé en octobre 1939 par la chancellerie du Reich a entraîné l'assassinat de plus du quart des 360 000  aliénés du Reich, dont 70 000  dans des camions à gaz. Les « inventeurs » de ces machines à tuer interviendront ensuite sur le front de l'Est, avant de mettre au point les installations de gazage des camps d'extermination...

Cette définition des autres victimes de la fureur criminelle des nazis 10 incite à penser que l'antisémitisme génocidaire de ceux-ci s'insérait dans un vaste projet de conquête, de colonisation et d'« aryanisation » de l'espace vital nécessaire au Reich à l'Est - d'où l'inévitable affrontement contre le « judéo-bolchevisme » au pouvoir en Russie. A l'examen des harangues antisémites de Hitler, de très nombreux historiens - sauf Goldhagen - ont été frappés par la combinaison quasi permanente de la haine du judaïsme et de celle du communisme...

Isoler l'antisémitisme des Allemands, c'est enfin écarter les causes entremêlées qui, outre la haine des juifs, expliquent largement le succès de l'entreprise nazie. Goldhagen passe rapidement - il l'a d'ailleurs reconnu après coup - sur le carnage de 1914-1918, l'humiliation nationale subie à Versailles, les effets de la crise, la fragilité de la jeune République de Weimar, l'absence de solution de rechange du fait des divisions suicidaires entre les partis de gauche, etc. De même, il n'accorde guère d'intérêt à l'alliance de classes nouée autour de Hitler, seul rempart contre le bolchevisme, patronat en tête - « les profits gigantesques réalisés par les grosses entreprises ne furent assurément pas un résultat accidentel du nazisme », écrit Ian Kershaw.

Pareillement, comment négliger l'extraordinaire machine bureaucratique totalitaire dont, à peine Hitler à la chancellerie, ses amis se dotent, la propagande omniprésente se combinant avec une répression implacable = de 1933 à 1939, 150 000  communistes et sociaux-démocrates sont internés dans des camps de concentration 11 ? Comment sous-estimer, enfin, les effets de la guerre elle-même, de l'exaltation nationaliste des premières victoires à l'humiliation des défaites et des bombardements alliés ?

Peu d'historiens soutiennent encore qu'une ligne droite mènerait de Mein Kampf à Auschwitz. A peine au pouvoir, les nazis s'en prennent effectivement aux juifs. Du premier boycottage - d'ailleurs un fiasco - du 1er avril 1933 à la Nuit de cristal de novembre 1938, des lois de Nuremberg de septembre 1935 à l'« aryanisation » des entreprises en 1937 et aux ultimes interdictions professionnelles de 1939, une escalade ininterrompue scande l'exclusion des juifs de la société allemande. Mais, jusqu'à la guerre, l'objectif avéré, c'est l'expulsion des juifs partout où ils peuvent émigrer - y compris en Palestine, sur la base d'un accord conclu dès août 1933 avec l'Agence juive 12.

Devant le Reichstag, le 30 janvier 1939, le Führer prophétise : un conflit mondial déboucherait sur « l'anéantissement de la race juive en Europe ». Sept mois plus tard, il déclenche l'invasion de la Pologne, qui décuple le nombre de juifs sous le joug nazi. Commence le regroupement au sein de ghettos, puis de camps, vers lesquels les victimes d'autres pays seront bientôt déportées. A la demande de Hitler et sous la direction d'Eichmann, l'Office central pour l'émigration travaille néanmoins au transfert forcé de quatre millions de juifs à Madagascar. Faute d'un arrangement avec Londres, le projet malgache sera abandonné au profit, affirment certains, d'une déportation massive au-delà de l'Oural. Encore faut-il avoir vaincu l'Union soviétique...

Lancée le 22 juin 1941, l'opération « Barberousse » marque le grand tournant. Les « Règles de conduite des soldats en Russie », citées par Arno Mayer, incitent les troupes à « s'attaquer énergiquement et sans pitié aux agitateurs bolcheviques, aux francs-tireurs, aux saboteurs, aux juifs, et à s'attacher sans répit à éliminer toute résistance active ou passive ». Ainsi officiellement couverts, la Wehrmacht et surtout les 3 000  tueurs des Einsatzgruppen - et leurs complices locaux - vont se livrer contre les populations civiles à des tueries massives de plus en plus épouvantables. C'est la radicalisation et l'extension de ces massacres à l'ensemble des juifs européens qui donneront naissance au génocide proprement dit, pense la grande majorité des historiens 13. Reste en débat la date de la décision - un ordre écrit, voire, comme le pense Christopher Browning, « un simple hochement de tête approbateur » du Führer. Certains la situent dans la préparation de l'agression, d'autres durant l'été de 1941 dans l'euphorie des premières victoires, d'autres enfin à l'automne, lorsque le sort des armes devient défavorable.

« Le temps des pogroms à l'ancienne mode était passé, écrit Arno Mayer. L'Allemagne nazie avait choisi de prendre les juifs comme otages de sa lutte désespérée, d'en faire les martyrs privilégiés de sa féroce croisade contre le bolchevisme, et il y avait désormais quelque chose d'irréversible dans ce choix. » A la mi-mars 1942, 75 % à 80 % des victimes de la Shoah étaient encore en vie ; un an plus tard, les proportions s'inverseront...

« Délégués de toutes les victimes de l'histoire »

Selon les évaluations, minimales, de Hilberg, 1,3 million de juifs seront fusillés « à ciel ouvert ». Trois autres millions, déportés de toute l'Europe, périront dans les camps - et quelque 800 000  dans les ghettos. Réunie le 20 janvier 1942 (après l'échec de l'ultime offensive contre Moscou), la conférence de Wannsee met tous les moyens du Reich au service de l'extermination. Aux camps de concentration, où la faim, la maladie et le travail forcé condamnent à mort l'immense majorité des détenus, s'ajoutent - Goldhagen n'en parle pas - les camps d'extermination : si Auschwitz-Birkenau et Maïdanek cumulent les deux fonctions, Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka ne sont que des usines de mort, où, pour paraphraser Pierre Vidal-Naquet, des bourreaux anonymes assassinent par le gaz des victimes également anonymes...

Telle est bien la spécificité de ce crime. « Quelque chose d'unique, résume Eberhard Jackel, parce que jamais encore auparavant un Etat n'avait décidé et annoncé, sous l'autorité de son responsable suprême, qu'un certain groupe humain devrait être exterminé, si possible dans sa totalité, (...) décision que cet Etat a, ensuite, appliquée avec tous les moyens à sa disposition 14.  » Paradigme des génocides, il ne s'en inscrit pas moins dans une longue chaîne de barbarie, avec les massacres des Indiens d'Amérique, des Arméniens de Turquie et, plus près de nous, des Tutsis du Rwanda. C'est dire combien Ian Kershaw a raison d'y insister : « Si nous entendons tirer une "leçon" de l'Holocauste, il me paraît indispensable d'admettre - tout en reconnaissant son caractère unique dans l'histoire, au sens où il n'a pas de précédent - que notre monde ne s'est pas mis définitivement à l'abri d'atrocités similaires impliquant éventuellement d'autres peuples que les Allemands et les juifs... Il ne s'agit plus de vouloir "expliquer" l'Holocauste par l'histoire juive seule ou encore par les relations entre juifs et Allemands, mais d'essayer de comprendre la pathologie des Etats modernes, de s'interroger sur la "civilisation". »

Quatre ans avant Daniel Goldhagen, Christopher Browning avait publié son livre sur les policiers de réserve responsables de l'assassinat - d'une balle dans la tête - de 38 000  juifs du district de Lublin et de la déportation de 45 000  autres à Treblinka. Il en tirait une conclusion radicalement différente de celle de l'universitaire américain : « Si les hommes du 101e bataillon de réserve de la police ont pu devenir des tueurs, quel groupe humain ne le pourrait pas ? »

A sa manière, forte et belle, le philosophe français Paul Ricoeur avait dit l'essentiel : « Les victimes d'Auschwitz sont, par excellence, les délégués auprès de notre mémoire de toutes les victimes de l'histoire 15. »

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